En lisant le livre d’Alain Monod « Vauban, la mauvaise conscience du Roi », l’auteure a découvert des facettes méconnues de la personnalité du maréchal Le Prestre de Vauban.
L’Histoire retient surtout de lui l’ingénieur du Roi, le bâtisseur, dont les forteresses sont admirées partout en France mais elle retient moins son côté observateur, sa lucidité face à la situation des villes, villages et campagnes qu’il traversait et surtout son courage pour faire remonter les informations au Roi Louis XIV et plaider pour des réformes cruciales.
Cette nouvelle pièce vis à faire découvrir à quel point le maréchal Vauban a été plus soucieux du bien de son pays que de ses privilèges personnels. Il a passé sa vie à sillonner le territoire français, loin des intrigues de la Cour, et il a eu l’honnêteté et le courage de dénoncer les inégalités et les oppressions auprès du Roi Louis XIV.
En vrai gentilhomme « pacifiste », soucieux de protéger la vie des soldats, il écrit au Roi : « Reprenez vos esprits, mon Roi, on perd trop d’hommes » mais il s’est aussi penché sur la vie des paysans écrasés par les impôts en proposant une réforme audacieuse « La Dixme Royale ». Il est allé encore plus loin en remettant en question le principe édicté par Louis XIV : « Un Roi, une foi, une loi » en présentant un mémoire pour le rappel des Huguenots. Il s’opposait aux conversions forcées de protestants qui ont entrainé des persécutions et l’exil d’une grande partie d’entre eux (près de 200 000). Il faudra attendre le siècle des Lumières pour que l’idée de tolérance progresse avec Voltaire.
Mais son attachement au bien-être de la France l’a poussé encore plus loin. En effet, il ne s’est pas contenté de dénoncer ces injustices mais il a proposé des solutions concrètes et très précises pour améliorer la vie des paysans dans ce qu’il a appelé ses « Oisivetés ».
Sa ténacité va en agacer plus d’un à la Cour et dans le monde de la finance, mais il leur tiendra tête et jusqu’à la fin de sa vie, il défendra ses idées, parfois même contre le Roi.
Ce qui pourrait être vécu comme un paradoxe pour cet honnête homme – à la fois fidèle à son Roi tout en étant soucieux du bien de ses compatriotes – nous interpelle encore aujourd’hui. Ce personnage, résolument moderne, nous a incité à créer une pièce pour rendre hommage à cet humaniste courageux et déterminé.
Vauban nous intéresse car ses combats sont très contemporains et basés sur une expérience concrète du réel. Le titre de la pièce vient de ce constat : « Dans un monde souvent gouverné par des structures éloignées du terrain, Vauban rappelle que la vraie critique peut naître de la compétence, de l’action, de la mesure, de la responsabilité et du service du bien Flyer-Vauban-reviens-2commun. »
La pièce sera jouée à partir du 28 juin à Palais sur le site du “Jardin de la poudrière” près du collège Sainte Croix.
Elle sera interprétée par la troupe des Chats Hutants.
